TÉLÉVISION. LE POIDS DU SECRET, DU MENSONGE… ET DE LA BÊTISE
Claire Keim incarne une femme au bord de la crise de nerfs dans cette adaptation française de la série britannique Doctor Foster.
Emma (Claire Keim) a tout pour être heureuse : elle a une jolie maison, un joli mari et un gentil garçon. Emma est médecin généraliste, elle travaille dans un cabinet plutôt sympathique, avec trois autres toubibs dont elle est assez proche. Un jour, Emma emprunte une écharpe à son joli mari décoratif Matteo (Jonathan Zaccaï). Et c’est le choc. Un choc brutal, un choc qui la colle à la renverse, un choc qui renverse sa vie : elle voit un cheveu blond sur ladite écharpe. Et s’autopersuade que son mari si parfait la trompe. Elle commence à le traquer, à le questionner, mine de rien, à fouiller sur les réseaux sociaux et dans son téléphone portable. Mais son mari, malgré ses excentricités, reste lui-même, charmant, aimant, tendre. Alors, elle le pousse dans ses retranchements.
En six épisodes d’environ 52 minutes, TF1 présente cette série improbable, Infidèle, dont le point de départ, un cheveu blond (et long) sur une écharpe, frise déjà la grosse dépression nerveuse. Et la dépression, c’est exactement ce qui arrive à l’héroïne : elle remet en question toute sa vie, ses amitiés, son amour, ce qu’elle a construit, pour un cheveu. Blond. Alors qu’elle est brune et qu’elle a les cheveux courts (Claire Keim s’est teint les cheveux pour l’occasion, parce que « l’image de la maîtresse blonde est très forte dans l’inconscient collectif »). Infidèle est l’adaptation, en six épisodes, d’une série anglaise, Doctor Foster. L’intrigue joue sur l’autodestruction de l’héroïne, sous forme de polar psychologisant. Ce que Claire Keim, qui est au bord du désespoir et de la crise de nerfs sur six épisodes, joue à merveille, d’ailleurs. Seul souci : la morale très pesante de cette série, qui dit, en gros, que tromper ce n’est pas bien, mais que mentir, c’est encore pire, sans aucune autre forme de nuance, en 2019, refroidit quand même un peu. Surtout, l’intrigue aurait pu tenir en deux épisodes maximum. Seul bémol : la présence de Philippe Torreton, en ami de la famille égaré dans la série. C’est maigre, mais c’est déjà ça.






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